Le 26 mai 2025, lors d’un conseil municipal dans le 20e arrondissement de Paris, un débat sur la guerre entre Israël et le Hamas a pris une tournure explosive. Lila Djellali, adjointe au maire écologiste, a tenté de dénoncer ce qu’elle qualifie de « signes de génocide » à Gaza. Pour appuyer son propos, elle a invoqué une citation attribuée à Charles de Gaulle : « Le jour où on rassemblera les Juifs au même endroit, on a peur qu’ils deviennent dominateurs, qu’ils fassent l’impensable. » Problème : cette phrase est une déformation grossière des propos du Général, qui, en 1967, avait qualifié le peuple juif de « peuple d’élite, sûr de lui et dominateur », une déclaration déjà controversée à l’époque.
Un conseil municipal qui vire au fiasco
Dans le 20e arrondissement de Paris, les conseils municipaux ne sont pas toujours des havres de paix. Mais le 26 mai 2025, Lila Djellali, adjointe écologiste au maire, a transformé une discussion sur la guerre à Gaza en un véritable champ de mines. Voulant dénoncer ce qu’elle appelle des « signes de génocide » dans l’enclave palestinienne, elle dégaine une citation qu’elle attribue à Charles de Gaulle : « Le jour où on rassemblera les Juifs au même endroit, on a peur qu’ils deviennent dominateurs, qu’ils fassent l’impensable. » Sauf que, oups, ce n’est pas tout à fait ce que le Général a dit. En 1967, il parlait d’un « peuple d’élite, sûr de lui et dominateur », une phrase déjà problématique, mais elle l’a remixée façon complotiste. Résultat ? Une accusation d’antisémitisme qui lui colle à la peau comme une vieille étiquette de supermarché.
Une citation qui fait l’effet d’une bombe
La bourde de Djellali n’est pas passée inaperçue. À peine les mots prononcés, le malaise s’installe dans la salle. Aucun élu ne réagit sur le moment, mais le lendemain, c’est l’embrasement. Sur X, les condamnations pleuvent. Un utilisateur écrit : « Antisémitisme décomplexé en plein Conseil Municipal de Paris ». Un autre qualifie ses propos d’« indignes, irresponsables, intolérables ». Le maire du 20e, Eric Pliez, sort de son silence pour dénoncer des « vœux inacceptables » et demande à Lila Djellali de retirer ses propos. Sa réponse ? « Je les retire, mais ce sont les propos de Charles de Gaulle, demandez-lui aussi ». Un peu comme si elle accusait le Général de lui avoir tendu un piège depuis l’au-delà.

Excuses en urgence, mais le mal est fait
Face à la tempête, Djellali fait machine arrière. Dans un communiqué publié sur X, elle reconnaît avoir « fait référence à une citation du général de Gaulle blessante et inappropriée » et regrette d’avoir repris des mots « qui revêtent tous les poncifs de l’antisémitisme ». Elle s’engage à suivre une formation sur l’antisémitisme et se met en retrait de ses délégations, une décision confirmée par Eric Pliez, qui envisage un retrait définitif de son poste après un vote. Mais pour beaucoup, c’est trop peu, trop tard. Sur X, certains exigent sa démission immédiate, dénonçant une « compromission totale » de la gauche face à l’antisémitisme.
Les écolos dans la tourmente
Ce n’est pas la première fois que les écologistes se retrouvent sous le feu des critiques pour des dérapages liés à l’antisémitisme. Récemment, la maire de Strasbourg a été pointée du doigt pour avoir posé avec une carte niant l’existence d’Israël. Le journaliste Clément Weill-Raynal, auteur de La gauche antisémite, une haine qui vient de loin, voit dans l’incident Djellali un symptôme d’un problème plus large : « Le fait qu’elle ait besoin d’une citation imaginaire prêtant aux Juifs des intentions démoniaques en dit long sur ses arrière-pensées ». Les Verts, eux, tentent de limiter les dégâts. David Belliard, figure du parti à Paris, martèle que « l’antisémitisme n’aura jamais sa place chez Les Écologistes ». Mais les mots suffisent-ils quand la confiance est ébranlée ?
Une leçon d’histoire mal apprise
Revenons à de Gaulle. En 1967, après la guerre des Six Jours, sa phrase sur le « peuple d’élite » avait choqué, perçue comme un stéréotype antisémite par beaucoup. Lila Djellali, en la déformant, a non seulement ravivé cette controverse, mais y a ajouté une touche de conspirationnisme digne d’un mauvais thriller. Citer l’Histoire, c’est bien ; la comprendre, c’est mieux. En voulant jouer les érudites, l’élue s’est pris les pieds dans le tapis de ses propres lacunes. Et dans un climat où chaque mot sur le conflit israélo-palestinien est scruté, ce genre d’erreur est une grenade dégoupillée.
Une ligne rouge difficile à tracer
Cet incident pose une question épineuse : comment critiquer les actions d’un État sans glisser vers des stéréotypes dangereux ? La ligne est fine, et Lila Djellali l’a franchie avec l’élégance d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Les débats sur Gaza sont légitimes, mais ils exigent une rigueur que l’élue n’a pas su démontrer. Comme le souligne Weill-Raynal, l’antisémitisme moderne se cache souvent derrière des allusions ou des critiques maladroites d’Israël, rendant ces dérapages d’autant plus insidieux.
Et maintenant, quoi ?
Lila Djellali est désormais sur la sellette. Son retrait temporaire pourrait devenir permanent, et sa carrière politique risque de porter longtemps la marque de cet épisode. Les Verts, eux, doivent jongler avec une nouvelle crise d’image, dans un contexte où la gauche française est déjà accusée de flirter avec des discours problématiques. Quant à la lutte contre l’antisémitisme, elle sort de cette affaire avec un goût amer : une formation peut-elle vraiment réparer une telle maladresse ? Espérons que Lila Djellali, et d’autres, retiendront la leçon : en politique, les mots sont des armes, et mieux vaut savoir viser juste.







