Un jeune homme de 23 ans est mort. Tué à coups de poings et de pieds sur un trottoir lyonnais. Des suspects arrêtés, dont des collaborateurs d’un député de la République. Une enquête requalifiée en meurtre. Et un parti politique directement lié aux interpellations qui commence à tanguer sérieusement.
Vous pensez savoir de quoi je vais parler ?
Pas tout à fait. Parce que dans cette histoire, on va vous expliquer que le vrai problème, c’est un autre parti. Un parti qui n’était pas là, qui a condamné la violence. Un parti que certains, depuis des décennies, s’acharnent à coller à chaque fait divers impliquant un militant nationaliste, mort ou vivant, victime ou coupable, peu importe.
Alors aujourd’hui, on va faire quelque chose de dangereux. Regarder les faits.
Il faut se demander qui, dans ce pays, a réellement appelé à la violence politique, et qui ne l’a jamais fait. On va parler des émeutes de 2023, d’un député qui a dit l’impensable en direct, d’un leader condamné pour intimidation de magistrats. On va parler de l’amalgame entre le RN et les groupuscules d’ultra-droite, d’où il vient, à qui il profite, et pourquoi il tient de moins en moins la route. Et on va parler du bashing médiatique qui dure depuis si longtemps qu’il a fini par produire exactement l’inverse de l’effet escompté.
Les circonstances du drame
Un jeune homme de 23 ans est mort. Quentin Deranque, militant nationaliste, a été lynché à Lyon le 12 février 2026. Roué de coups par au moins six individus masqués et cagoulés, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Sa famille parle d’un guet-apens « méthodiquement préparé », avec « des individus organisés, entraînés, en très large surnombre et armés, ayant effectué des repérages préalables. » Il est mort deux jours plus tard, à l’hôpital Édouard Herriot.
L’enquête a été requalifiée en « coups mortels aggravés ». Onze personnes ont été interpellées. Et parmi elles des collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault, créateur de l’organisation antifasciste Lyonnaise « La Jeune Garde ».

Réaction au meurtre de Quentin Deranque
Alors forcément, la classe politique s’emballe. Bruno Retailleau parle de « tabassage à mort par des militants d’ultra-gauche ». Marine Le Pen réclame que ces milices soient considérées comme des « groupes terroristes ». Des permanences LFI sont dégradées dans toute la France. François Hollande en profite pour claquer la porte de l’alliance PS-LFI. Et le JDD sort un article assassin titré : LFI, « un parti qui attise la violence ».
Et là, vous vous dites : voilà une affaire entre groupes radicaux, où un jeune homme est mort, et où des militants LFI se retrouvent dans le viseur de la justice.
Mais non. Pour certains médias, le vrai problème dans cette histoire, c’est… le Rassemblement National.
Mais attendez. Qui appelle vraiment à la violence, dans ce pays ?
Jordan Bardella l’a dit lui-même sans détour : « Le Rassemblement national et son prédécesseur, le Front national, n’ont jamais appelé à la violence en politique. »
Bien sûr, les médias se sont empressés de sortir la condamnation de Jean-Marie Le Pen en 1998 pour avoir frappé une maire socialiste.. Le fondateur du FN, une seule personne et oui c’est un fait réel. C’est la nuance qu’on leur accorde volontiers. Mais attention, une condamnation individuelle pour une bagarre et une ligne politique officielle appelant à la violence, ce sont deux choses radicalement différentes.
Maintenant, mettez en face de ça ce qu’a fait LFI, non pas il y a trente ans, mais en 2023, pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel.
Jean-Luc Mélenchon : « Les chiens de garde nous ordonnent d’appeler au calme. Nous appelons à la justice. » Éric Coquerel, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale : « Sans justice, pas de paix. » Alma Dufour, députée LFI : « La fin justifie les moyens. »
La fin justifie les moyens. Voilà la déclaration d’une députée de la République française. En exercice.
Comme l’écrit Marianne à l’époque, LFI « franchit un cap inédit dans l’histoire politique récente de la gauche : cautionner la violence comme moyen de pression politique pour obtenir satisfaction. » Ce n’est pas un éditorial de droite. C’est Marianne.
Et ça ne s’arrête pas là. Mélenchon lui-même a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour rébellion et intimidation envers des policiers et un magistrat lors de la perquisition du siège de son propre mouvement. Et Rima Hassan, celle-là même dont la conférence a Science Po Lyon précédait le lynchage de Quentin, a de son coté multiplié ces derniers jours des déclarations qualifiées de « violence inédite », avec des menaces à peine voilées.
Alors on résume simplement.. D’un côté, un parti dont aucun dirigeant n’a jamais officiellement légitimé la violence politique. De l’autre, un parti dont le fondateur a refusé d’appeler au calme pendant des émeutes nationales, dont le leader a été condamné pour intimidation de magistrats, et dont les collaborateurs d’un député se retrouvent interpellés après un meurtre.
Et c’est le premier qui « a beaucoup à se reprocher ». D’accord.

L’amalgame RN = ultra-droite : un montage politique
Venons-en au cœur du problème. L’amalgame permanent entre le RN et les groupuscules violents d’ultra-droite. Cet amalgame ne vient pas de nulle part : il est entretenu, alimenté, et dans une large mesure fabriqué par les adversaires politiques du parti.
La réalité ? Le RN a structurellement coupé ses liens avec ces mouvances. Marine Le Pen a passé vingt ans à « dédiaboliser » son parti, précisément en le séparant des identitaires, des néonationalistes et autres groupuscules que ses adversaires adorent coller à sa vitrine. Est-ce que quelques sympathisants partagent les mêmes codes culturels ou se retrouvent dans les mêmes bistrots ? Probablement. Mais confondre un électorat populaire avec des milices armées, c’est exactement le genre de raccourci qu’on n’accepterait dans aucune autre direction politique.
Quand un militant antifa commet un crime, personne n’en profite pour questionner la responsabilité du Parti Socialiste. Quand un islamiste passe à l’acte, personne ne demande à La France Insoumise de « rendre des comptes » — même quand certains de leurs cadres minimisent méthodiquement le terrorisme islamiste. Mais quand un jeune nationaliste est victime d’une agression mortelle, la question posée par certains médias est : le RN a-t-il une part de responsabilité ?
Incroyable ! Nous avons des journalistes, des éditorialistes, des hommes politiques de gauche qui laisse entendre.. suggère que le parti dont le membre est mort devient suspect de sa propre mort.
C’est le degré zéro de l’analyse politique. Et c’est surtout terriblement efficace : à force de répéter l’amalgame, même les gens qui n’y croient pas à moitié finissent par avoir l’intuition que « il doit bien y avoir quelque chose ». C’est ça, le bashing à long terme. Ça n’informe plus. Ça conditionne. Et comme on le sait depuis longtemps : une menace qu’on agite trop longtemps finit par ne plus faire peur à personne. Le loup et le berger, version éditoriale.
Résultat concret : dans les sondages, le RN progresse. Et à chaque nouveau « dossier » censé l’enterrer, il sort un peu plus renforcé. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon, l’effet inverse.

Les auteurs du meurtre de Quentin Deranque
Pendant ce temps, onze personnes sont en garde à vue, dont des collaborateurs d’un député de la République. Un jeune homme est décédé, frappé à mort, lyché, sa tête pris pour un ballon de foot sur un trottoir lyonnais. Et le grand débat médiatique tourne autour des risques électoraux pour un parti qui n’était même pas dans la rue.
Là, franchement, on n’a même plus besoin de faire de l’humour noir. L’actualité s’en charge toute seule.






