La Seine-Saint-Denis a décidé de réorienter le dispositif « Quartiers d’été » pour envoyer les jeunes issus de quartiers en politique de la ville en séjour à l’extérieur du département pendant les Jeux Olympiques. Cette décision a été critiquée par des acteurs associatifs et met un coup d’arrêt aux animations au cœur de certains quartiers. La promesse d’inclusion des Jeux Olympiques prend des relents d’hypocrisie et cette décision est perçue comme une stigmatisation des jeunes du département. Les conséquences sur les activités dans les quartiers sont importantes, avec la disparition des subventions pour les activités organisées sur place.
Relents d’hypocrisie : Ces Jeux olympiques seront les plus « inclusifs de l’histoire »
Nous allons parler des Jeux Olympiques de Paris 2024, ou plutôt de la grande farce qui se prépare en Seine-Saint-Denis.
Vous le savez, les JO sont l’occasion de célébrer l’unité et la fraternité entre les peuples. Mais il semblerait que les autorités françaises aient une conception bien particulière de ces valeurs. En effet, alors que la Seine-Saint-Denis s’apprête à accueillir l’événement sportif le plus suivi au monde, la préfecture a décidé d’envoyer les jeunes des quartiers populaires loin, très loin de chez eux.
Oubliez les animations, les activités et les célébrations dans les quartiers. Cette année, les jeunes de Seine-Saint-Denis auront droit à un aller simple pour les colonies de vacances. Et attention, pas n’importe où ! La préfecture a été très claire : une attention particulière sera portée aux projets proposant des séjours à l’extérieur du département.
Mais pourquoi donc une telle décision, me direz-vous ? Eh bien, il semblerait que les autorités aient peur que ces jeunes ne viennent gâcher la fête. Vous savez, ces jeunes autonomes, âgés de 16 ans et plus, qui ont le malheur de vivre dans des quartiers populaires. On ne veut pas d’eux pendant les JO. C’est à la fois décevant, choquant, méprisant, raciste, et j’en passe.
Alors, on les éloigne, on les écarte, on les envoie en vacances, loin des regards indiscrets. Et peu importe si cela contredit l’esprit même du dispositif « Quartiers d’été », qui vise à apporter des activités et des services aux habitants des quartiers prioritaires pendant la période estivale.

Mesure exclusive au 93
Et pendant ce temps-là, les autres départements franciliens encouragent la promotion des valeurs du sport, de l’olympisme et du paralympisme dans les activités proposées. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, une majorité des crédits sera consacrée aux projets en lien avec les JO. Mais en Seine-Saint-Denis, on préfère envoyer les jeunes en vacances.
Alors, bravo, bravo pour cette initiative qui stigmatise un peu plus les jeunes des quartiers populaires. Bravo pour cette décision qui va à l’encontre de l’esprit des Jeux Olympiques. Et surtout, bravo pour cette belle leçon d’inclusion et de fraternité.
Mais ne vous inquiétez pas, les jeunes de Seine-Saint-Denis ne se laisseront pas faire. Ils sont débrouillards, créatifs et résilients. Ils sauront trouver des moyens de profiter des JO, avec ou sans l’aide des autorités.
Les jeunes exclus des Jeux Olympiques ?
La Seine-Saint-Denis a décidé de réorienter le dispositif « Quartiers d’été » afin d’envoyer les jeunes issus de quartiers en politique de la ville en séjour à l’extérieur du département pendant les Jeux Olympiques. Cette décision a été critiquée par des acteurs associatifs et met un coup d’arrêt aux animations au cœur de certains quartiers.
La promesse d’inclusion des Jeux Olympiques prend des relents d’hypocrisie alors que la préfecture de Seine-Saint-Denis souhaite envoyer certains jeunes hors du département pendant l’événement. Dans une lettre du 28 mars 2024, la préfète déléguée à l’égalité des chances du 93, Isabelle Pantèbre, a introduit un volet séjour dans le dispositif « Quartiers d’été », inexistant les années précédentes. Cette décision ne se retrouve qu’en Seine-Saint-Denis.
Dans les autres départements franciliens, l’ambiance est tout autre. Les appels à projets et les notes de cadrage encouragent à promouvoir les valeurs du sport, de l’olympisme et du paralympisme dans les activités proposées. Dans les Hauts-de-Seine, une majorité des crédits sera consacrée aux projets en lien avec les Jeux Olympiques. L’appel à projets parisien contredit même explicitement l’orientation prise en Seine-Saint-Denis en privilégiant les séjours qui se déroulent au mois de juillet pour permettre aux habitants de quartiers prioritaires de la politique de la ville de participer aux Jeux Olympiques.
Une hypocrisie dénoncée par les acteurs associatifs
Cette décision de la préfecture de Seine-Saint-Denis est perçue comme une stigmatisation des jeunes du département par certains acteurs associatifs. Aly Diouara, militant associatif bien connu à La Courneuve et président de Seine-Saint-Denis au cœur, estime que les Jeux Olympiques populaires annoncés ne le seront pas et que les jeunes sont exclus de l’événement. (sources)
Le dispositif « Quartiers d’été » a été déployé en 2020 pour proposer des services et des activités aux habitants des quartiers prioritaires pendant la période estivale. L’esprit de ce dispositif est que si les quartiers ne peuvent pas partir en vacances, les vacances viendront aux quartiers. L’un de ses axes est destiné à favoriser le « rapprochement population-institutions » et la « tranquillité publique ». En créant du lien social, le gouvernement entend aussi sensibiliser aux problématiques de rixes interquartiers.
La réorientation du dispositif « Quartiers d’été » en Seine-Saint-Denis a des conséquences sur les activités dans les quartiers. Léa, une associative, a vu les subventions pour les activités organisées sur place disparaître au profit des séjours. Les bénévoles sont obligés de bricoler et de revoir leurs ambitions à la baisse. Les jeunes sont déçus car les activités qu’ils attendaient ne se feront pas ou à une autre échelle.







