Deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington se font descendre devant le Musée juif, le 21 mai 2025, par un assaillant hurlant « Free Palestine ». Un acte antisémite clair, qui glace le sang. Et là, Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des Finances, invité sur RTL, trouve le moyen de détourner le drame. Au lieu de condamner fermement, il appelle à « l’arrêt du génocide en cours à Gaza », liant l’attaque à la situation humanitaire là-bas. Le Crif, par la voix de Yonathan Arfi, n’y va pas par quatre chemins : « Coquerel cultive l’antisémitisme. » Entre une gauche qui joue les équilibristes sur un fil antisémite et un Crif qui dégaine l’accusation comme un revolver, ce drame révèle une France fracturée, où chaque mot est une grenade. Retour sur un dérapage qui sent la poudre.
Le drame de Washington : un acte antisémite sans ambiguïté
Le 21 mai 2025, Washington est secoué par une attaque ciblée. Deux employés de l’ambassade d’Israël sont tués à l’extérieur du Musée juif, un lieu symbolique. L’assaillant, dont l’identité reste floue dans les sources, aurait crié « Free Palestine » en ouvrant le feu, selon Yonathan Arfi, président du Crif (RTL). Pour lui, c’est limpide : « Viser un musée juif et tuer deux personnes en hurlant ‘Free Palestine’, c’est la prolongation des attaques antisémites du 7 octobre. » Le contexte international est tendu – après une trêve de deux mois, l’armée israélienne a repris son offensive à Gaza le 18 mars, ravageant encore plus un territoire déjà exsangue (BFMTV). Mais l’attaque de Washington n’a rien d’un acte de « résistance » : c’est un crime antisémite, point barre.
Coquerel : un détour par Gaza qui fait grincer des dents
Invité sur RTL le lendemain, Éric Coquerel aurait pu se contenter de condamner l’attaque et d’exprimer sa solidarité. Mais non, on parle de LFI, les champions de la posture inflammatoire. Le député préfère lier le drame à Gaza : « Ma réaction, c’est qu’il faut très rapidement que s’arrête le génocide en cours à Gaza, voilà ce que je veux dire. » Il ajoute : « Quand vous avez un tel déchaînement de haine, de violence, ça déchaîne la haine de tous les côtés. » En gros, pour Coquerel, l’attaque antisémite est une sorte de dommage collatéral de la politique israélienne. La nuance ? Il n’en a pas. Sur X, un internaute résume : « Coquerel, c’est le mec qui voit un crime raciste et dit ‘Oui, mais Gaza…’ »
Le Crif voit rouge. Yonathan Arfi, sur X puis sur RTL, accuse Coquerel de « cultiver l’antisémitisme » : « Au lieu d’exprimer sa compassion, il choisit de trouver une justification à la mort d’innocents par un conflit à des milliers de kilomètres. » Arfi enfonce le clou : « Rien ne justifie l’antisémitisme, pas même votre obsession sur Gaza. Dénoncez l’antisémitisme au lieu de lui trouver des excuses ! » Sur X, les réactions pleuvent : « LFI, toujours à excuser l’inexcusable dès qu’il s’agit d’Israël. » Un autre, indigné : « Deux Juifs tués, et Coquerel parle de Gaza. Honteux. ».

LFI et le fil de l’antisémitisme : une vieille histoire
Ce n’est pas la première fois que LFI flirte avec la ligne rouge. Depuis des années, le parti de Mélenchon est accusé de jouer un double jeu : condamner l’antisémitisme en façade, mais multiplier les prises de position ambiguës. En 2024, David Guiraud, député LFI, traitait Meyer Habib, député LR, de « porc » lors d’un débat sur Gaza. En 2019, LFI participait à une marche contre l’islamophobie aux côtés du CCIF, une asso dissoute depuis pour ses liens avec l’islamisme. Et Mélenchon lui-même, en 2023, parlait des « excès » de la lutte contre l’antisémitisme, déclenchant un tollé.
Coquerel, ici, s’inscrit dans cette lignée. En liant l’attaque de Washington à Gaza, il sous-entend que la violence antisémite est une réponse « compréhensible » au conflit israélo-palestinien. En ligne certains commentent « Pour LFI, si un Juif se fait tuer, c’est la faute de Netanyahu. Logique imparable. » Le problème, c’est que cette rhétorique alimente un narratif dangereux : celui qui fait des Juifs, où qu’ils soient, des cibles légitimes pour venger Gaza. Et ça, c’est un terrain glissant, à la limite de l’antisémitisme structurel.

Le Crif : une accusation qui cogne dur
De l’autre côté, le Crif n’y va pas avec le dos de la cuillère. Accuser Coquerel de « cultiver l’antisémitisme », c’est une charge lourde. Yonathan Arfi insiste : « Il y a mille manières de cultiver l’antisémitisme. La plus sournoise est celle employée par Coquerel : justifier la mort d’innocents par un conflit lointain. » Sur X, un gars applaudit : « Bravo au Crif, il est temps de mettre LFI face à ses dérives. » Mais d’autres critiquent la méthode. @LeilaParis75 écrit : « Le Crif abuse du mot ‘antisémitisme’ à chaque critique d’Israël. Ça finit par banaliser le vrai racisme. »
Le Crif a-t-il raison de cogner si fort ? D’un côté, oui : Coquerel a dérapé en relativisant un acte antisémite. De l’autre, cette accusation systématique d’antisémitisme dès qu’on parle de Gaza peut étouffer tout débat légitime sur la politique israélienne. Mais ici, le contexte est clair : on parle d’un crime antisémite, pas d’un meeting politique. Coquerel aurait mieux fait de se taire.

Une France fracturée : le grand bal des postures
Ce drame, et les réactions qu’il suscite, sont le miroir d’une France qui marche sur des œufs. D’un côté, LFI, avec sa base électorale dans les banlieues, joue la carte pro-palestinienne à fond, quitte à frôler la ligne rouge. Leur obsession pour Gaza – réelle ou stratégique – les pousse à des sorties maladroites, voire dangereuses. De l’autre, le Crif et une partie de la droite, qui voient de l’antisémitisme partout dès qu’Israël est critiqué, parfois à raison, parfois à tort. Au milieu, une société où les tensions communautaires s’exacerbent : 2025 voit une montée des actes antisémites (+15 % selon le ministère de l’Intérieur), dans un climat alourdi par Gaza et les dérives islamistes.
Sur X, quelqu’un résume l’absurde : « LFI pleure Gaza pendant qu’un Juif se fait tuer, le Crif crie à l’antisémitisme, et personne ne parle des victimes. » C’est ça, la France de 2025 : un pays où un drame devient une tribune, où chaque camp joue sa partition sans écouter l’autre. Coquerel, avec sa sortie, a jeté de l’huile sur un feu qui n’en avait pas besoin. Et le Crif, avec sa réponse, a peut-être surjoué l’indignation. Résultat ? Tout le monde perd, sauf les extrêmes, qui se frottent les mains.

Un goût amer dans la bouche
Comme le disait Desproges, « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Coquerel aurait dû réfléchir avant de transformer un crime antisémite en tribune pro-Gaza. LFI, à force de jouer les équilibristes, finit par tomber dans le vide, entraînant avec elle un débat déjà empoisonné. Le Crif, lui, doit apprendre à doser ses accusations pour ne pas les vider de sens. Et pendant ce temps, deux familles pleurent leurs morts à Washington, tandis que Gaza continue de brûler. Bravo à tous, beau spectacle.






