Salomé Saqué, plume affûtée de Blast, a décidé de jouer les Cassandre dans Le Monde le 12 mars 2025. Selon elle, les jeunes hommes seraient en train de devenir des « masculinistes » acharnés, prêts à remettre les femmes à leur place – entendez, à la cuisine ou pire. Elle dégaine des chiffres, aligne des suppositions, et tricote une apocalypse patriarcale avec la conviction d’une prophétesse en transe. Sauf que son édifice branle, bâti sur des approximations, des mensonges par omission et une mauvaise foi qui ferait rougir un camelot. Point par point, on va démonter cette farce, parce qu’à force de crier au loup, elle finit par inventer la bête.
Démontage Point par Point
« Les jeunes hommes sont de plus en plus masculinistes »
D’entrée, Saqué balance son gros mot : « masculinisme ». Mais c’est quoi, au juste ? Un club secret ? Une milice en slip ? Elle n’en dit rien, se contentant d’un flou artistique. Si elle parle d’un mouvement organisé, où sont les preuves ? Pas de manif, pas de leader, pas de manifeste – juste des mecs qui traînent sur TikTok. À ce compte-là, les fans de tuning sont une secte.
« 20 % des 25-34 ans trouvent normal qu’un homme gagne plus »
Le HCE, sa bible, lui souffle ce chiffre. Admettons qu’il soit vrai – et encore, aucune source précise, aucun contexte. Ça veut dire quoi ? Que ces types veulent écraser les femmes ou qu’ils vivent dans un monde où les salaires sont déjà inégaux (INSEE 2024 : 16 % d’écart moyen) ? Saqué saute direct à « masculinisme », comme si penser une connerie faisait de toi un idéologue. Et les 80 % restants, ils sont où dans son tableau ?
« 36 % pensent qu’une femme peut aimer être humiliée, 23 % forcée »
Là, ça devient glauque, mais aussi bancal. Ces stats, tirées d’un baromètre HCE 2024, sont jetées comme des grenades sans détonateur. Qui sont ces mecs ? Des ruraux ? Des bourgeois ? Des gamins des cités ? Aucune idée. Et surtout, en quoi ces opinions – dégueulasses, OK – prouvent un « masculinisme » collectif ? Saqué confond des idées tordues avec une croisade. Si 36 % des Français pensaient que les licornes existent, elle parlerait d’un complot féerique ?
« 45 % des jeunes hommes US votent Trump, 72 % des femmes Harris »
Saqué traverse l’Atlantique pour piocher une stat électorale et la coller à son délire. Trump, c’est le méchant patriarche, donc ses électeurs sont forcément des « masculinistes ». Sauf que les mecs votent aussi pour des raisons économiques ou anti-establishment – pas juste pour remettre les femmes en jupe. Et en France, on vote comment ? Elle oublie de le dire, parce que ça gâcherait son roman.
« Polarisation croissante entre femmes féministes et hommes masculinistes »
Une « polarisation », rien que ça ! Mais où sont les chiffres qui montrent cette guerre des sexes ? Les réseaux sociaux, qu’elle pointe du doigt, sont un foutoir où tout le monde s’engueule – pas une bataille rangée entre vagins et testicules. Elle voit un schisme là où il n’y a qu’un bordel généralisé.
« Harcèlement plus puissant sur les réseaux »
Oui, le web est une fosse à purin, mais en quoi c’est une exclusivité masculine ? Les femmes aussi insultent, trollent, harcèlent. Saqué cherry-pick des anecdotes pour peindre un tableau où les mecs sont des orcs en rut. Sans stats globales ni comparaison, c’est du vent qui pue la démago.
L’Histoire Malmenée
Saqué joue les historiennes du dimanche, insinuant que les hommes d’aujourd’hui veulent revenir à un passé patriarcal. Mais elle zappe les vrais combats masculins : les poilus crevés dans les tranchées, les ouvriers broyés par l’usine. Les années 70 ? Pas de « masculinisme » à la Sartre ou Foucault – ces gars-là critiquaient le pouvoir, pas les femmes. Foucault signait des pétitions tordues sur le consentement, mais c’était pour défoncer l’État, pas pour mater les nanas. Saqué réécrit l’histoire en mode fiction, oubliant que les mecs aussi ont morflé.
Le Masculinisme, ce Mirage
Ce « masculinisme » qu’elle agite, c’est un fantôme sans corps. Pas de définition, pas de contours, juste un mot-valise pour foutre la trouille. Qui concerne-t-il ? Les prolos de banlieue ? Les geeks boutonneux ? Les traders en costard ? Elle ne sait pas, et nous non plus. Elle prend des opinions isolées – vraies ou fausses, on s’en branle – et en fait une armée imaginaire. C’est pas du journalisme, c’est de la voyance.
Et si les Accusateurs Fantasmaient ?
Et si c’était Saqué qui inventait des croquemitaines ? Si un mec disait que les femmes veulent « asservir les hommes » parce que 60 % des diplômés sont des meufs (INSEE 2023), on le traiterait de taré. Mais elle, elle peut accuser sans preuves, parce que ça flatte le narratif à la mode. Peut-être que les vrais complotistes, c’est pas les mecs, mais les journaleux qui voient des révolutions là où y a juste des cons qui tweetent ?
Journaliste je sais pas, romancière surement
Salomé Saqué nous livre un conte à dormir debout : des chiffres sans queue ni tête, des liens tirés par les cheveux, et un « masculinisme » qui n’existe que dans sa tête. Elle constate des bricoles – parfois vraies, souvent floues – et en tire des conclusions qui sentent le délire parano. À force de crier à la guerre des sexes, elle finit par la provoquer elle-même. Bravo l’artiste.







