La nuit à Lyon fut longue, des émeutes violentes et séances de pillage ont éclaté, mettant en danger la vie des policiers. Des tirs de fusil à grenaille ont visé les forces de l’ordre, blessant quatre d’entre eux. Les policiers déplorent le manque de moyens de défense face à des émeutiers bien équipés. Malgré cela, ils restent déterminés à continuer leur travail. Une enquête a été ouverte.
Dans la nuit du vendredi 30 juin à samedi 1er juillet 2023, la ville de Lyon et sa métropole ont été plongées dans un cauchemar sans précédent. Des émeutes d’une violence inouïe ont éclaté, avec pour cible principale les forces de l’ordre qui ont été visées par des tirs de fusil à grenaille. La situation a atteint un niveau dramatique, mettant en péril la vie des policiers et soulignant la faiblesse de leur équipement de défense.
Au cœur de l’enfer, dans la cité du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, les policiers du groupe de sécurité de proximité (GSP) ont été la cible privilégiée de ces attaques sans merci. Les témoignages poignants de ces héros en uniforme témoignent d’une lutte acharnée pour leur survie. Thierry, un gradé expérimenté du GSP, raconte l’horreur vécue. « C’était un véritable combat à la vie, à la mort. »
Les échanges de coups de feu ont contraint les policiers à reculer, à fuir pour sauver leur vie. Dans cette bataille effroyable, ils ont été contraints d’utiliser à deux reprises des grenades lacrymogènes tirées à bout portant, avec le risque de causer des blessures graves aux émeutiers. Thierry, touché aux jambes par les plombs, a miraculeusement échappé à des blessures graves. Cependant, quatre de ses courageux collègues ont dû être hospitalisés, leurs bras, leurs cuisses et leurs visages défigurés par les tirs cruels.
Le danger était omniprésent, chaque projectile portant en lui le potentiel de la mort. « Ces plombs auraient pu être des balles de chasse, nos boucliers ne nous auraient pas protégés. Cet individu aurait pu nous tuer sur-le-champ », confie Thierry avec une émotion palpable. La peur se lit dans ses yeux lorsqu’il déclare : « Ils cherchent à nous anéantir. Nos vies sont en danger, et nous sommes contraints de riposter en légitime défense. Cela pourrait mal se terminer. » Sa principale préoccupation était de préserver les écoles et les crèches qui étaient menacées de flammes destructrices.
Face à une soixantaine d’émeutiers armés de mortiers, les policiers se sont retrouvés pris dans un tourbillon de violence. Ils étaient des cibles vivantes, traqués par des tirs meurtriers. Le récit de Thierry évoque le cas d’un jeune homme embusqué derrière un muret, invisible à leurs yeux. « Il nous a pris pour cible avec un fusil de chasse, des balles à grenaille… Nos collègues ont été blessés, l’un a eu le visage déchiqueté, en sang. Un plomb aurait pu lui crever l’œil. »
Malgré l’arrivée de renforts, le tireur insaisissable a réussi à s’enfuir, tirant en l’air, puis circulant à moto, brandissant fièrement son arme meurtrière. « Nous ne sommes pas à armes égales. Nos moyens de défense sont dérisoires face à leurs tirs de mortiers. Nous ne disposons que de grenades lacrymogènes et de lanceurs de balles, dont la puissance a été réduite ces derniers temps », déplore Thierry avec désespoir.
Cet homme courageux, fort de son expérience, souligne que la situation était totalement hors de contrôle. Malgré les événements tragiques de la nuit précédente, Thierry et ses collègues indemnes seront de nouveau sur le terrain ce soir. « Hors de question de baisser les bras, même si une appréhension se fait sentir. » Dans la nuit de vendredi à samedi, quatre policiers ont été victimes de blessures causées par des armes à grenaille à Vaulx-en-Velin. Un policier présent sur les lieux relate une « soirée de chaos ».
« Nous avons vécu des scènes de guérilla, un chaos indescriptible », déclare Benjamin (prénom changé), policier du GSP de Vaulx-en-Velin. Il était présent lors des émeutes qui ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi. La nuit dernière, lui et ses sept collègues ont été pris pour cible par des armes à grenaille de gros calibre.
Quatre d’entre eux ont été blessés, marqués par des hématomes, touchés au nez et à la cuisse, selon des sources policières. « Nous étions une cible pour un individu à scooter, armé d’un fusil à pompe qui a tiré dans notre direction », déclare-t-il. Benjamin a lui-même été atteint par des projectiles au niveau de ses jambières.
D’autres policiers ont été touchés, le plomb s’enfonçant dans leurs cuisses, déchirant leurs visages et leurs bras.
Malgré l’arrivée des véhicules blindés de la gendarmerie en renfort, Benjamin est à bout de forces et épuisé. Il observe depuis plusieurs années une montée en flèche de la violence, avec une haine grandissante envers la police. Selon lui, les émeutiers « veulent réellement tuer des policiers ».
Dans un état d’indignation, Benjamin exprime son impuissance et sa colère envers les politiques, affirmant que les policiers « paient le prix des politiques désastreuses des 40 dernières années ».
Il accuse également les délinquants de souhaiter une escalade de la violence. « À un moment donné, il y aura un drame. C’est inévitable si cela continue ainsi », explique-t-il.
Malgré tout, lui et ses collègues du groupe de sécurité de proximité continueront de se rendre sur le terrain et de faire leur travail. « Nous n’envisageons pas d’arrêter, nous sommes déterminés », conclut-il avec résolution.
Une enquête a été ouverte pour violences volontaires avec arme sur des personnes dépositaires de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences, selon les informations du parquet. Elle a été confiée à la police judiciaire de Lyon.
Sources : BFM – Actu Forces de l’Ordre







