Les expertises dans l’affaire Nahel invalident la version des parties civiles. Le policier n’a pas frappé Nahel à la tempe, et l’autopsie ne révèle aucune ecchymose. Les experts contestent également le récit du copilote sur le redémarrage involontaire du véhicule. La reconstitution des faits remet en cause la volonté du policier de tirer un coup létal. Le récit des policiers correspond aux résultats des expertises. En juin 2023, Nahel, 17 ans, a été abattu après un refus d’obtempérer, provoquant des émeutes. Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la justice, souligne la dimension politique de l’affaire et les pressions subies par les magistrats.
La police tue ? Les faits remis en perspective
« La police tue. » C’est le constat qu’a fait une grande partie de la gauche suite à l’affaire Nahel. Pourtant, les milliers de pages du procès-verbal remettent en perspective la culpabilité du policier mis en cause dans la mort de ce jeune homme, suite à son refus d’obtempérer. Ce 18 septembre, nos confrères du JDNews ont eu accès aux documents relatifs à l’enquête. Selon cette expertise, la version des parties civiles ne tient pas.
Les témoignages contredits par les expertises
Il s’avère que le policier n’a pas frappé Nahel à la tempe avec la crosse de son arme, contrairement à ce qu’affirme Farid, le passager du véhicule. En effet, l’autopsie ne révèle aucune ecchymose sur le visage de Nahel. Les seules marques sur son corps ont été datées de quelques jours avant l’altercation. Par ailleurs, le copilote de Nahel, témoin de la scène, assure que Nahel a redémarré involontairement son véhicule. Les experts assurent que ce récit ne tient pas : pour redémarrer la Mercedes, quatre actions successives, distinctes et volontaires, sont de mise.
La reconstitution des faits : Une version révisée
La reconstitution des faits remet en outre en cause la volonté du policier de tirer un coup létal : l’accélération de la voiture semble avoir dévié le coup de feu. Encore un témoignage rendu caduc : « Et comme [Nahel] se protégeait [prétendument des coups de crosse du policier] et qu’il était un peu sonné, son pied a glissé de la pédale et la voiture a commencé à avancer. C’est à ce moment-là que le policier a tiré », assurait Farid H. Le policier ayant ouvert le feu est toujours mis en examen pour homicide volontaire. Le second est témoin assisté pour complicité de meurtre.
Le récit des policiers correspond aux résultats des expertises
Le récit des parties civiles déplorait le tir mortel du policier alors même que ni sa vie ni la sécurité d’autrui n’étaient mises en danger. Le récit des deux policiers assure le contraire. Leur version n’a jamais varié. Aujourd’hui, c’est l’hypothèse qui correspondrait le mieux aux résultats fournis par les nombreuses analyses et reconstitutions opérées.
Rappel des faits : Une affaire qui a ému la France
Pour rappel, au mois de juin 2023, Nahel, mineur de 17 ans, a été abattu par un policier suite à un refus d’obtempérer. Il roulait sans permis, mettant en danger de nombreuses vies ainsi que celle des deux policiers qui effectuaient les contrôles routiers. La France connut alors une grande séquence d’émotions et d’émeutes violentes contre les forces de l’ordre.
Affaire Nahel, politique plutôt que judiciaire
Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la justice, analyse pour BV : « Les parties civiles qui ont témoigné pourraient être reconnues complices des délits commis par Nahel Merzouk. On ne pouvait absolument pas se fier à la parole de ces témoins-là. » Il poursuit : « Même si cette parole n’était pas fiable, elle a eu énormément d’impact. Au début de l’affaire, personne ne dit rien. Et puis la vidéo et les déclarations ont mis le feu aux poudres et ont lancé la polémique. »
Outre la version des parties civiles, Pierre-Marie Sève pointe du doigt la dimension politique de cette affaire : « L’affaire Nahel reste dramatique parce qu’il y a eu la mort d’un mineur. C’est, en fait, une gigantesque opération politique pour des groupes divers et variés, des élus, La France insoumise, etc. Toute cette histoire a été complètement politisée. Ce n’était plus une affaire judiciaire. »






