À l’Assemblée, LFI et PCF s’opposent seuls à une loi anti-antisémitisme à l’université, adoptée le 7 mai 2025. Dénonçant une « instrumentalisation » pour museler les pro-Palestiniens, ils s’isolent face à une majorité unie et un RN opportuniste. Sur X, on fustige leur complaisance. Avec 90 % des étudiants juifs victimes d’actes antisémites, le texte veut des sanctions et formations. Mais entre hypocrisie woke et récupération politique, l’université reste un champ de bataille.
Quand l’hémicycle devient un ring
Mardi 6 mai 2025, l’Assemblée nationale s’embrase. Au menu : une proposition de loi sénatoriale, portée par Constance Le Grip (Renaissance) et Pierre Henriet (Horizons), pour enrayer l’antisémitisme et le racisme dans les facs. Création d’une section disciplinaire régionale, formations obligatoires, référents dédiés : le texte veut frapper fort. Adopté à l’unanimité au Sénat en février, il passe en première lecture avec 131 voix pour, mais 28 contre. Qui sont les rebelles ? La France Insoumise (LFI) et les communistes du PCF, seuls à lever le poing contre. Résultat : un pugilat verbal où les accusations d’hypocrisie et d’opportunisme électoral pleuvent comme des uppercuts.
LFI, avec Mathilde Panot en tête, hurle à l’« instrumentalisation de l’antisémitisme » pour « faire taire les voix pour la paix sur le génocide en Palestine ». Louis Boyard, fidèle à son style de pitbull, s’inquiète d’une instance disciplinaire qui, selon lui, donnerait au ministre de l’Enseignement supérieur le pouvoir d’exclure des étudiants à sa guise. Le PCF, plus discret, suit le mouvement, fidèle à son alliance bancale avec les Insoumis. En face, Aurore Bergé, ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, cogne dur : LFI « nourrit l’inquiétude des Français juifs ». Pierre Henriet, co-rapporteur, rappelle les chiffres glaçants : 90 % des étudiants juifs disent avoir subi des actes antisémites, selon l’Union des étudiants juifs de France. Mais pour LFI, c’est du vent, une manoeuvre politicienne pour museler leurs discours pro-palestiniens.
L’antisémitisme, un pion dans le grand Monopoly politique ?
Le texte, né d’une mission sénatoriale après des accusations d’antisémitisme lors d’une conférence pro-palestinienne à Sciences Po Paris, veut doter les facs d’outils concrets. L’article 1, voté mardi, impose des formations contre le racisme et l’antisémitisme, s’appuyant sur la définition de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste). LFI, allergique à cette définition, propose une version édulcorée, centrée sur la « discrimination » pénale, sans nommer l’antisémitisme. Pourquoi ? Parce que, pour eux, tout ça sent la manipulation pour défendre la politique israélienne. Panot accuse le gouvernement de « solidariser les juifs avec la politique génocidaire de Netanyahou ». Ambiance.
Le clou du spectacle, c’est l’article 3, réintroduit après avoir été supprimé en commission. Cette section disciplinaire régionale, présidée par un juge administratif et composée de profs, d’administratifs et d’étudiants, vise à sanctionner les dérives. LFI y voit un flicage ministériel, une menace sur l’autonomie des facs. Henriet rétorque : « Ce n’est pas le gouvernement qui décide, c’est une instance indépendante. » Mais pour les Insoumis, c’est un prétexte pour bâillonner les militants pro-palestiniens, souvent dans leur viseur pour des propos flirtant avec l’antisémitisme. Sur X, un internaute résume : « LFI vote contre l’antisémitisme ? Normal, ils veulent garder leurs électeurs dans les amphis. » Cynique, mais pas faux.
LFI et PCF, les Don Quichotte de l’hypocrisie
Inversons la perspective pour piquer là où ça fait mal : si un texte visait à lutter contre l’islamophobie, et que seuls le RN et LR votaient contre, LFI serait en première ligne pour crier au scandale raciste. Mais quand il s’agit d’antisémitisme, ils jouent les vierges effarouchées, dénonçant une « instrumentalisation ». C’est l’hôpital qui se fout de la charité. LFI, accusée de complaisance envers l’antisémitisme depuis des années – souvenez-vous de Mélenchon qualifiant l’antisémitisme de « résiduel » en 2024 malgré une explosion des actes (+300 % au premier trimestre 2024) – se pose en victime d’un complot. Le PCF, jadis fer de lance de la Résistance, suit comme un caniche, oubliant son histoire pour ne pas froisser son allié.
Sur X, les réactions fusent. Un post clame : « LFI et PCF votent contre un texte anti-antisémitisme ? Toujours la même complaisance avec la haine » . Un autre ironise : « LFI protège la liberté d’insulter les juifs dans les facs, bravo les progressistes ! » La colère est palpable, et pour cause : 92 % des juifs français estiment que LFI contribue à la montée de l’antisémitisme, selon une enquête citée par Aurore Bergé. Mais pour Panot, c’est juste une « manipulation » de plus. On nage en plein délire.

Une justice universitaire ou un flicage ?
Le texte, adopté le 7 mai, n’est pas parfait. Certains, comme la socialiste Céline Hervieu, saluent ses outils mais réclament plus de moyens pour les facs. D’autres, à droite, comme Julien Odoul (RN), surfent sur l’occasion pour taper sur « Sciences Po Hamas », récupérant la lutte contre l’antisémitisme à des fins électorales. Le RN, jadis marqué par l’antisémitisme de Jean-Marie Le Pen, joue les chevaliers blancs, un comble. Mais LFI et le PCF, en s’opposant seuls, se tirent une balle dans le pied. Leur discours, drapé de vertu pro-palestinienne, masque mal une incapacité à condamner sans ambiguïté l’antisémitisme. Résultat : ils s’isolent, hués dans l’hémicycle, fustigés sur les réseaux, et accusés de jouer avec le feu.
Le parallèle est cruel : pendant que LFI dénonce l’« islamophobie » à tout va, ils rechignent à nommer l’antisémitisme, comme si c’était un gros mot. Cette tartufferie, c’est le « wokisme » ou « gauchisme » dans toute sa splendeur : hurler contre les discriminations qui arrangent, fermer les yeux sur celles qui dérangent. Et pendant ce temps, les étudiants juifs, eux, rasent les murs dans les couloirs des facs.
Et maintenant, on fait quoi ?
Cette affaire, c’est un miroir déformant de la France d’aujourd’hui : une gauche fracturée, où LFI et le PCF s’enferrent dans un déni qui sent le soufre, et une majorité qui, sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, flirte parfois avec la récupération politique. La justice universitaire mérite mieux qu’un champ de bataille idéologique. Si on veut que les facs redeviennent des lieux de savoir et pas des rings à invectives, il faut des sanctions claires, des formations qui ne soient pas des gadgets, et surtout, une gauche capable de dire « antisémitisme » sans chercher des excuses. Sinon, les narcos de la haine continueront de dealer leurs poisons dans les amphis.
sources : JDD






