De plus en plus de femmes votent pour le Rassemblement national, malgré les critiques sur son anti-féminisme. Cette tendance s’explique en partie par l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National en 2011 et l’effet Bardella. Cependant, les idées du RN n’ont pas changé et restent racistes, xénophobes et misogynes. Le cheval de bataille de l’extrême-droite reste la sécurité, un point qui intéresse particulièrement les femmes. Cette adhésion des femmes est préoccupante, d’autant plus que le RN peut être destructeur pour les droits des femmes et des minorités.
Marine Le Pen et Jordan Bardella : les visages séduisants du Rassemblement national
Alors que le Rassemblement national a été largement critiqué pour son anti-féminisme, de plus en plus de femmes votent pour ce parti. Le 17 juin dernier, Jordan Bardella, le président du RN, s’est adressé aux femmes dans une vidéo postée sur X, promettant de garantir leurs droits et leurs libertés. Cette tendance s’est confirmée lors des élections européennes de 2019 et 2024, où le RN a gagné 10 points dans l’électorat féminin, selon un sondage IPSOS. Un autre sondage IFOP indique même que les femmes ont voté à 32% pour le RN, devant les hommes (31% de votes).
Cette évolution s’explique en partie par l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National en 2011. Elle s’est présentée comme une femme libre, une mère divorcée et une amoureuse des animaux, mettant en avant son côté femme lambda. Cette stratégie a séduit de nombreuses femmes en France. De plus, l’effet Bardella, avec sa tête de gendre idéal, a également séduit les plus jeunes et les femmes.
Cependant, les idées du RN n’ont pas changé : racistes, xénophobes, misogynes. Le cheval de bataille de l’extrême-droite reste la sécurité, un point qui intéresse particulièrement les femmes. Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, a rencontré Anne, une électrice du RN, qui a expliqué que le mirage de protection offert par les extrêmes droites amène les femmes à être conservatrices. En échange, elles se conforment à des rôles traditionnels, secondaires et aliénants, mais préfèrent les violences qui leur sont familières au risque de celles qui sont étrangères.
Cette adhésion des femmes est préoccupante, d’autant plus que le RN peut être destructeur pour les droits des femmes et des minorités. En mai dernier, Grève féministe a alerté sur le pouvoir de nuisance du RN, rappelant que le parti d’extrême droite s’abstient ou vote contre systématiquement à chaque avancée féministe au Parlement européen. Le collectif a dénoncé l’instrumentalisation du droit des femmes par le RN à des fins électorales.






