Les obsèques de Philippe Coopman, agressé le 16 avril, se sont déroulées ce mercredi après-midi à Grande-Synthe, en l’absence du maire socialiste de la commune, Martial Beyaert, pour des « raisons de sécurité ». L’élu a porté plainte pour outrages et menaces de mort après avoir reçu de nombreux messages injurieux et des appels à la vengeance sur les réseaux sociaux. Trois adolescents ont été interpellés et mis en examen pour « meurtre avec guet-apens ». Le maire a déploré les récupérations politiques de l’affaire par des élus d’extrême droite et a rappelé que Grande-Synthe était une ville où il fait bon vivre ensemble.
Le maire socialiste absent aux obsèques de Philippe Coopman pour des « raisons de sécurité » après des menaces de mort
Les obsèques de Philippe Coopman, agressé le 16 avril, se sont déroulées ce mercredi après-midi à Grande-Synthe, en l’absence du maire socialiste de la commune, Martial Beyaert, pour des « raisons de sécurité ». L’élu a porté plainte pour outrages et menaces de mort après avoir reçu de nombreux messages injurieux et des appels à la vengeance sur les réseaux sociaux.
La cérémonie a commencé au son de la chanson « Tu vas me manquer » de Gims, à 14h30 en l’église Saint-Jacques. Devant l’église, Caroline, voisine de la famille de la victime et mère de cinq enfants de 10 à 25 ans, témoignait : « C’est très compliqué. On est entre la colère, l’incompréhension et la tristesse. » Depuis la mort du jeune homme de 22 ans, trois adolescents ont été interpellés et mis en examen pour « meurtre avec guet-apens ».
On se fait attaquer sur notre vivre ensemble
Le maire avait déploré les nombreux messages injurieux, appels à la vengeance et récupérations de l’affaire par des comptes d’extrême droite. « Je vois des messages de la ‘fachosphère’ de l’ensemble de la France qui jugent le maire et les habitants de Grande-Synthe. Ce n’est pas ça Grande-Synthe, c’est une ville où il fait bon vivre, où on aime vivre ensemble », avait-il réagi à La Voix du Nord. « On se fait attaquer sur notre vivre ensemble, notre ville est cosmopolite. Je suis très en colère sur les débordements sur les réseaux et certains médias qui stigmatisent, qui salissent notre ville sans la connaître, sans connaître ses habitants et son histoire », avait-il ajouté à nos confrères de Nord Littoral.
Ce drame avait en effet été récupéré par des élus d’extrême droite avec le hashtag #JusticePourPhilippe. Samuel Lafont, porte-parole de Reconquête, avait parlé d’ »omerta » sur cette affaire. Le JDD rapporte aussi ce message du député RN Thomas Ménagé qui avait regretté qu’une nouvelle personne soit « victime de l’ensauvagement et de l’insécurité qui frappent notre pays ».
Le maire avait aussi été directement alpagué sur les réseaux sociaux. « Vous avez des mots moins durs contre les meurtriers de Philippe que contre de simple twittos qui ne sont pas d’accord avec vous. Vous faites peur », écrivait Pierre sur X. « Le ‘vivre ensemble’ prôné par les bourgeois de votre espèce s’avère être un ‘vivre avec’ subit et imposé aux Français. Vous êtes une m*rde », ajoutait un autre anonyme. Des messages injurieux auxquels l’élu avait souvent répondu ces derniers jours d’une petite phrase : « J’admire votre courage sous un faux compte, eunuque des réseaux que vous êtes. »
Mercredi en milieu d’après-midi, Martial Beyaert a publié un message sur son compte Facebook dans lequel il indique porter plainte. « J’ai effectivement dû porter plainte auprès de Madame la Procureure de la République pour ‘Outrage et Menaces de Morts sur personne dépositaire de l’Autorité Publique’ suite aux attaques subies par des groupuscules d’extrême droite qui ont tenté de récupérer ce drame à des fins politiques », écrit le maire. Il précise que « ces menaces ne proviennent aucunement des habitants de la ville qui eux ont su rester dignes et témoignent chaque jour de leur solidarité ».
Martial Beyaert rappelle aussi avoir participé à la marche blanche « alors que ces groupuscules avaient déjà mis ma ‘tête à prix’ ; je n’abdiquerai jamais devant ces tentatives de déstabilisations. » Le maire indique enfin être à l’étranger « pour une compétition sportive prévue depuis plus d’un an », un déplacement que « les autorités m’ont recommandé de maintenir au vu des risques encourus ».

La mère d’un mineur mis en examen déplore les menaces contre le maire !
La mère d’un mineur mis en examen dans l’affaire de la mort de Philippe à Grande-Synthe a appelé à « stopper les représailles » dont elle et sa famille font l’objet depuis plusieurs jours. Elle a dénoncé des menaces de mort et de viol, et a assuré que son fils « doit être puni pour ce qu’il a fait ». Elle a également déploré les menaces contre le maire de Grande-Synthe et a exprimé sa profonde tristesse pour ce qui est arrivé à la famille de Philippe.
Elle assure que son fils « n’est pas un garçon violent » !
La mère d’un mineur mis en examen dans l’affaire de la mort de Philippe à Grande-Synthe a appelé à « stopper les représailles » dont elle et sa famille font l’objet depuis plusieurs jours. Elle a dénoncé sur BFMTV de « fortes représailles », des menaces de mort et de viol, et a confié avoir « peur ».
Elle a assuré que son fils « doit être puni pour ce qu’il a fait » et pour « le mal qu’il a fait », mais a estimé que ce n’est pas à la famille « de payer ». Elle a également déploré les menaces contre le maire de Grande-Synthe.
La mère a affirmé détenir des photos et vidéos prouvant que six personnes étaient présentes lors de l’agression de Philippe, malgré le fait que seuls trois mineurs aient été mis en examen à ce stade. Cependant, BFMTV n’a pas pu consulter ces vidéos et aucun élément de l’enquête ne va dans ce sens.
Elle a déclaré que son fils « n’est pas un garçon violent » et qu’elle « ne sait pas ce qui lui a pris ». Selon elle, la responsabilité incomberait en réalité aux deux autres mis en examen. Toujours selon sa version, son fils aurait dit aux autres personnes « arrêtez, arrêtez », estimant que la situation allait trop loin.
La mère a exprimé sa profonde tristesse pour ce qui est arrivé à la famille de Philippe et s’est dite « prête à les aider pour tout ce dont ils ont besoin », y compris sur le plan financier. Elle a évoqué une enfance difficile de son fils passée de foyer en foyer pendant les 13 premières années de sa vie. « Si je l’avais eu en charge, j’aurais pu faire quelque chose. Je l’avais pas en charge », a-t-elle assuré.






