De nouvelles épidémies d’origines multiples menacent la France et les Jeux olympiques qui s’y dérouleront cet été. Dengue, variole du singe, virus du Nil occidental, autant de noms exotiques qui font frémir les autorités sanitaires et les organisateurs des JO.
Épidémies en approche : la France et les JO sous haute surveillance
Alors que la pandémie de Covid-19 est encore dans tous les esprits, de nouvelles épidémies d’origines multiples menacent la France et les Jeux olympiques qui s’y dérouleront cet été. Dengue, variole du singe, virus du Nil occidental, autant de noms exotiques qui font frémir les autorités sanitaires et les organisateurs des JO.
La dengue et le chikungunya, des virus qui vont buzzer
Selon Eric Caumes, infectiologue au service des maladies infectieuses et tropicales de l’AP-HP, au moins un des deux, entre la dengue et le chikungunya, va se développer en France. Le sud du territoire est particulièrement à risque, avec un climat propice au moustique tigre qui transporte et transmet ces virus. Mais il y a déjà eu des cas autochtones de dengue en région parisienne, à Limeil-Brévannes. Selon les données de Santé publique France d’avril 2024, neuf foyers de transmission autochtone de dengue ont été identifiés, pour un total de 45 cas de dengue infectés dans l’Hexagone.
Côté vaccin, il y a celui de Sanofi Aventis, mais il est controversé et uniquement recommandé chez les personnes ayant déjà fait un épisode de dengue. Un autre vaccin, du laboratoire Takeda, est efficace mais risque d’arriver après que le risque soit passé.
Vigilance en Gironde avec le virus du Nil occidental
Le virus du Nil occidental, transmis par le moustique le plus commun, appelé Culex pipiens, est potentiellement mortel, même si 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques. Des cas ont été relevés dans la région bordelaise l’année dernière, ce qui était très inhabituel. La surveillance sera de mise en Gironde et aux alentours car pour ce virus, on n’a pas de vaccin, pas de traitement. Reste à appliquer les mesures barrière contre les moustiques : vêtements longs et répulsifs dès l’arrivée des beaux jours.
La variole du singe, nouvelle génération
La France a réussi à endiguer l’épidémie de variole du singe grâce à une campagne de vaccination sur une population cible particulièrement à risque. Mais ce qui préoccupe davantage Eric Caumes, c’est sa version numéro 1, ou clade 1 en langage médical. Cette forme du virus se traduit par une éruption plus massive, un état de santé général plus grave, avec entre 5 % et 10 % de létalité. Si la version numéro 2 est arrivée jusqu’en France, il n’y a pas de raison pour que celle du clade 1 n’atteigne pas à son tour le territoire. Malgré la vaccination du groupe cible pour la première épidémie, si ça déborde de ce groupe à risque, ça va être la catastrophe parce qu’on n’aura pas assez de vaccins pour tout le monde.
Gare aux tiques géantes qui piquent
Des cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo sont détectés chaque année en Espagne. Elle se transmet à l’humain par l’Hyalomma marginatum, aussi appelée tique géante ou tique à pattes rayées. En octobre 2023, des chercheurs ont mis au jour la présence de ce virus chez ces tiques géantes collectées sur des bovins élevés dans les Pyrénées-Orientales. La transmission à l’être humain est
également possible par le contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’un animal ou d’un être humain infecté.
Donc oui, là aussi, ça arrive. Il y aura des cas en France, c’est évident, appuie l’infectiologue. D’ailleurs, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail confirme le risque d’émergence et appelle à mettre en place une surveillance de ces tiques à l’échelle nationale.







