Un retraité varois est condamné à 6 mois avec sursis et 30 000 € d’amende pour avoir tué des milliers de rouges-gorges, transformés en brochettes. À Revest-les-Eaux, il piégeait 20 oiseaux par jour, une « tradition » illégale depuis 1976. La cour d’appel d’Aix-en-Provence alourdit sa peine, malgré son excuse d’héritage familial. Entre défense écologique et vestige provençal, ce braconnage divise : justice exemplaire ou acharnement sur un vieillard ?
Dans le Var, un retraité a troqué sa canne contre des pièges en fer et ses pantoufles contre un tablier de boucher. Verdict le 5 mars 2025 : la cour d’appel d’Aix-en-Provence lui colle 6 mois de prison avec sursis et une amende de 30 000 € qui pique plus qu’une brochette mal cuite. Son crime ? Avoir embroché des milliers de rouges-gorges, ces petits volatiles au jabot écarlate, pour en faire des amuse-gueules provençaux. Une affaire qui sent le gibier faisandé et qui fait tousser les écolos jusqu’à Paris.
Un carnage à la chaîne
À Revest-les-Eaux, ce septuagénaire jouait les serial killers ailés avec une précision chirurgicale : une vingtaine de rouges-gorges par jour, piégés dans des cercles d’acier, plumés, embroillés, puis vendus 8 € la douzaine ou dévorés en famille. Bilan annuel ? 5 000 victimes estimées, rien que dans son coin du Var. Une boucherie qui dure depuis des années, au nez et à la barbe de la loi. Car oui, depuis 1976, le rouge-gorge est intouchable, protégé comme un trésor national. Mais pour papy, c’était juste un casse-croûte.
La Provence, terre de rôtisseurs
Remontons aux festins d’antan, quand les Provençaux embrochaient les « rigaous » pour les fêtes de fin d’année, un rituel aussi vieux que les récits de Pagnol. Une brochette de six, dorée au feu de bois, valait son pesant de traditions. Sauf qu’aujourd’hui, cette nostalgie sent le crime : la loi a tranché, et les oiseaux ne sont plus des amuse-bouches mais des intouchables. L’Office français de la biodiversité (OFB) traque ces braconniers d’un autre âge, et ce retraité n’est que le dernier à tomber dans le filet. Une page d’histoire qui se tourne, la bouche pleine de cendres.

Papy, martyr des écolos ?
Et si on renversait la broche ? Imaginons ce retraité, élevé par un grand-père qui lui apprenait à tendre des pièges comme on transmet un secret de famille. Pour lui, pas de mal : juste une vieille habitude, un bout de terroir dans l’assiette. Face à lui, les ayatollahs verts de la LPO, armés de leurs lois et de leur morale bien-pensante, prêts à crucifier un vieillard pour quelques plumes. Une justice qui cogne fort pour l’exemple, oubliant peut-être que ce braconnier n’est qu’un vestige d’un temps révolu, pas un baron du crime. Pauvre papy, victime d’un monde qui ne jure que par le tofu et les graines bio !
Une plume dans le croupion de la justice
Six mois avec sursis, 30 000 € à cracher, et l’obligation de placarder sa honte dans un journal : la sentence a de quoi faire glousser. Le retraité varois a pris cher, mais les rouges-gorges, eux, ne reviendront pas chanter. Entre la nostalgie d’une Provence carnivore et la croisade des défenseurs de la nature, l’affaire laisse un goût amer. Comme une brochette trop cuite : ça croustille, mais ça gratte la gorge. Reste à savoir si cette plume dans le derrière de papy refroidira les derniers braconniers ou s’ils continueront à rôtir dans l’ombre.






