C’est l’histoire d’un OVNI cubique qui défie toute logique : Minecraft, le film, sorti le 2 avril 2025, se prend une volée de bois vert de la part des critiques, mais explose les compteurs comme un creeper en pleine foule. En France, 661 342 spectateurs se ruent dans les salles en cinq jours, faisant du film le deuxième meilleur démarrage de l’année, juste derrière les indéboulonnables Tuche. Outre-Atlantique, il rafle 157 millions de dollars en un week-end, dépassant les 300 millions mondiaux en un clin d’œil. Jack Black, Jason Momoa et Jennifer Coolidge, propulsés dans un monde de blocs pixélisés, font hurler de joie les mômes et sourire les parents, pendant que les scribouillards de la presse, perchés dans leur bulle snobinarde, s’étranglent de rage. Pourquoi ce film, qualifié de « purge » par les intellos, cartonne-t-il à ce point ? Et pourquoi les critiques, ces éternels pisse-vinaigre, s’acharnent-ils à rater la cible ? Accrochez-vous, ça va trancher dans le vif.
Les critiques, ou l’art de pisser dans le vent
Ouvrez un journal, et c’est la curée. Le Parisien, grand maître du ronchon, parle d’un scénario « lourdingue » et d’effets visuels « ratés », comme si les gamins allaient au ciné pour disséquer la mise en scène. Écran Large, avec sa hargne habituelle, hurle à l’ »arnaque » qui « chie sur les fans », réduisant Steve à un « tutoriel sur pattes » débile – visiblement, ils attendaient Citizen Kane avec des creepers. 20 Minutes, plus tiède mais tout aussi déconnecté, déplore un ton « neuneu » et un humour qui « vise trop bas », oubliant que le public cible a 10 ans et pas un doctorat en sémiologie. Jeuxvideo.com, temple des gamers frustrés, flingue des blagues « pipi-caca » et des effets spéciaux « cheap », comme si Minecraft devait rivaliser avec Avatar.
Et puis y’a les pontes de l’intelligentsia, ces ayatollahs du septième art qui se gargarisent de mépris. Télérama, dans sa croisade contre le vulgaire, voit un « vide intersidéral », une « publicité déguisée » qui ose exister sans Bergman au générique. Les Inrockuptibles, avec leur condescendance bobo, crient au « kitsch indigeste » et à l’ »insulte à l’intelligence », parce qu’un cochon carré qui grogne, c’est trop trivial pour leurs pages en papier glacé. Les Cahiers du Cinéma, perchés sur leur Olympe, balancent un « niveau zéro de l’art » et un « cinéma fast-food pour mômes décérébrés » – charmant pour les 300 millions de joueurs qui ont fait de Minecraft un empire. Ces critiques, c’est du snobisme pur jus, un dédain qui suinte pour un public qui veut juste s’éclater devant des blocs qui volent en éclats. Ils jugent avec des grilles absurdes, à des années-lumière des attentes des mômes et des familles : où est la poésie, la profondeur, le sous-texte ? Dans leurs fantasmes, pas dans une salle où un gosse hurle « Trop cool ! » quand un zombie se fait défoncer.
Les adaptations vidéoludiques : Quand le public dit oui et les critiques se plantent
Regardez les précédentes adaptations de jeux vidéo, et le schéma est limpide comme un lac de lave. Super Mario Bros. (2023) a ramassé 568 millions de dollars malgré un 59 % sur Rotten Tomatoes presse. Les journaleux ont pleurniché sur un scénario « léger » et des dialogues « basiques », mais les fans s’en foutaient : ils voulaient voir Mario sauter sur des Goombas et Peach balancer des haches, pas réciter du Baudelaire devant un Bowser existentialiste. Sonic (2020), avec ses 319 millions mondiaux, s’est pris des tartes pour ses gags « simplistes » et son intrigue « prévisible ». Et alors ? Les mômes ont kiffé le hérisson bleu qui file à 300 à l’heure, ramasse des anneaux dorés et fracasse Robotnik – pas besoin d’un Oscar pour faire vibrer les gamins. La suite, Sonic 2 (2022), a poussé le bouchon à 405 millions, prouvant que le public revient quand on lui donne ce qu’il aime : du fun, pas des leçons de cinéphilie.
À l’inverse, Assassin’s Creed (2016) et ses 240 millions ont plongé dans les oubliettes. Les critiques ont fustigé son sérieux pompeux, son ambiance grisâtre et son intrigue alambiquée qui sentait le moisi. Les fans du jeu, eux, voulaient des sauts de la foi et des lames cachées, pas un Michael Fassbender qui fait la gueule pendant deux heures dans une Animus trop propre. Pareil pour Prince of Persia : Les Sables du Temps (2010) : 336 millions, mais un échec critique et populaire. Pourquoi ? Trop loin du parkour fluide et des énigmes du jeu, trop près d’un Pirates des Caraïbes discount avec Jake Gyllenhaal en mode bronzé gênant. Les puristes ont vomi, et le public a zappé. DOOM (2005), avec Dwayne Johnson, a ramassé un misérable 58 millions et un 19 % presse. Scénario débile, monstres en carton, ambiance qui trahit le FPS frénétique : ni les fans ni les novices n’ont suivi. Street Fighter (1994), 99 millions, s’est vautré dans le ridicule avec Van Damme en Guile qui cabotine – un nanar culte aujourd’hui, mais un fiasco à sa sortie, car trop loin des combos du jeu. Mortal Kombat (1995), avec 122 millions, a mieux marché grâce à ses « Fatality » et son kitsch assumé, mais la presse l’a massacré pour son jeu d’acteur en bois – les fans, eux, ont applaudi Scorpion.
Côté films à succès malgré les critiques, Resident Evil (2002-2017) et sa saga à 1,2 milliard sur six opus reste un cas d’école : scripts bancals, mise en scène bordélique, critiques qui hurlent au nanar, mais les zombies décérébrés et Milla Jovovich en cuir ont fait le taf auprès des joueurs. Fidélité au chaos du jeu, action qui cogne, zéro prétention : bingo. Pokémon : Détective Pikachu (2019), 433 millions, a aussi divisé : la presse a trouvé ça « mignon mais creux », mais les fans ont adoré voir Pikachu en détective et les Pokémon en live-action – nostalgie et fun avant tout.
Et les adaptations télé de jeux vidéos
Et les séries télé ? Le phénomène est identique. Fallout (Prime Video, 2024) a cartonné avec 65 millions de vues en deux semaines, malgré des critiques mitigés sur son ton « trop décalé » et son lore « approximatif ». Les fans, eux, ont adoré les armures T-51, les goules badass et l’humour noir des abris – pas besoin d’un chef-d’œuvre pour coller au jeu. Halo (Paramount+, 2022), avec 20 millions de spectateurs, a divisé : la presse pleure sur un Master Chief sans casque et un scénario « soap opera », les hardcore gamers ont râlé, et le grand public a haussé les épaules – trop sérieux, pas assez de frags. The Last of Us (HBO, 2023), 37 millions de vues par épisode, fait figure d’exception : salué par la critique (96 % Rotten Tomatoes) et plébiscité par le public pour sa fidélité au jeu et son émotion brute, même si certains puristes ont grogné sur des détails. Arcane (Netflix, 2021), tirée de League of Legends, a raflé 34 millions de vues et un 100 % presse, mais son succès vient de son animation léchée et son univers accessible, pas d’un respect strict du lore.
Minecraft suit la voie des gagnants : fidélité au jeu avec ses creepers et ses pioches, fun décomplexé, zéro chichi. Les critiques, eux, n’ont rien capté à la recette : ils veulent du « cinéma d’auteur », là où le public veut du spectacle, des rires et des blocs qui pètent. Comme Mario, Sonic, Resident Evil ou Fallout, c’est le peuple qui tranche, pas les snobs qui dissertent sur la « profondeur » d’un cochon cubique.
Les foules en délire : Cubes, rires et nostalgie
Pendant que les plumes s’égosillent, les salles débordent comme un coffre à diamants. À Paris, au Pathé Beaugrenelle, des gamins de 8 à 13 ans sortent en transe, traînant mamie Catherine ou papa Thierry derrière eux. « C’était trop cool, les creepers explosent comme dans le jeu ! » braille un rouquin, pendant qu’une fillette mime un crafting avec ses mains. Pourquoi cet amour ? Minecraft, c’est pas juste un jeu : c’est un titan, 300 millions de copies vendues, 55 millions de joueurs quotidiens, un monde où chaque môme a bâti sa cabane, punché un arbre, flingué un squelette. Le film leur sert cet univers en grand écran, avec Jack Black en Steve déjanté, Jason Momoa en baroudeur cabotin, et Jennifer Coolidge qui fait rire avec sa voix perchée. Les gags, taxés de « lourds » par les grincheux, plient les petits en deux, et les parents, biberonnés au jeu avec leurs gosses, gloussent de nostalgie devant un villageois qui grogne. Warner a mis le paquet : 150 millions de budget, une promo qui inonde TikTok et YouTube, un casting qui claque sur Insta. Résultat : un bulldozer familial qui écrase tout.
Le Paradoxe cubique : Quand le « mauvais » Devient culte
Comment un film « nul » devient un hit ? Parce que le public se fout des critiques comme d’une pioche en bois. Les mômes veulent des creepers qui pètent, des zombies qui volent en éclats, pas un drame existentialiste sur la condition humaine. Les parents, qui ont passé des nuits à miner avec leurs rejetons, rigolent des références – cochons carrés, Endermen flippants. Réalisé par Jared Hess (Napoleon Dynamite), le film joue la carte du fun sans complexe, et ça matche. Sur Rotten Tomatoes, le public lui colle 83 %, contre un misérable 47 % presse. Sur X, les fans s’enflamment : « Les critiques comprennent rien, c’est pour les joueurs ! » ou « Jack Black en Steve, c’est du génie, fermez-la les intellos ! » Ce décalage rappelle des gloires passées : Les Visiteurs (1993), défoncé par la presse mais culte avec 13 millions d’entrées, ou La Cité de la Peur (1994), moqué à sa sortie mais vénéré aujourd’hui. Minecraft mise sur le même cocktail : fidélité au matériau d’origine, humour qui tape large, et un casting qui fait le show. Les puristes peuvent bien pleurnicher sur l’absence de « profondeur », le box-office leur rit au nez.
Avec Minecraft le public gagne toujours
Dans l’histoire, les foules ont toujours imposé leur loi face aux élites qui frisent la moustache. Star Wars en 77, traité de « série B puérile » par les critiques, a bâti un empire galactique. Titanic (1997), raillé pour son romantisme sirupeux, a coulé les records avec 2,2 milliards. Minecraft, le film, avec ses 661 342 entrées françaises et 300 millions mondiaux, marche sur leurs traces. Les critiques veulent du « cinéma d’auteur » là où Minecraft n’a jamais eu de scénario – c’est un bac à sable, un terrain de jeu, pas un roman russe. Le film donne aux fans ce qu’ils réclament : un monde cubique qui explose à l’écran, des vannes idiotes qui font marrer, et un Jack Black qui chante comme un possédé. Les 300 millions de joueurs, ces mômes qui craftent, ces parents qui supervisent, ont voté avec leurs billets, et les élites peuvent aller se rhabiller – ou plutôt, se faire descendre par un creeper. Parce qu’au final, c’est le peuple qui décide, pas les plumes qui s’époumonent dans le vide.






